L’Expédition Co-Création au départ

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Information au sujet de cette manifestation

Allocution du 17 mars 2016, ImpactHub Genève

Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux d’être parmi vous aujourd’hui et d’apporter ma contribution à cette inauguration. Je suis content que l’on m’ait invité tout en sachant que je suis un des plus fervents détracteurs du concept de Co-working et de Co-création. Le but de ma brève allocution est donc de vous mettre sérieusement en garde contre les dangers du travail au sein de ce genre d’établissements.

En effet, le Co-Working et la Co-création sont à la fois préjudiciables aux entreprises qui s’y associent, mais aussi aux collaborateurs concernés, ainsi que d’un point de vue social.

Le Co-working et la Co-création sont dangereux pour l’entreprise, car elle perd tout contrôle sur ses collaborateurs. Ils se mêlent à des collègues d’autres entreprises – ils vont même jusqu’à avoir des échanges avec eux. Et puis, voilà qu’ils ont soudain des idées nouvelles, développent de nouveaux concepts, et toute la machine à innover, qui a été élaborée avec le plus grand soin, commence à vaciller. Tout le monde sait bien que la créativité n’a rien à voir avec la spontanéité, et qu’elle doit faire à tout moment l’objet d’un suivi et d’un contrôle bien comme il faut.

C’est le pire des scénarios, surtout pour les responsables des ressources humaines. Où va-t-on si vos propres gens se mélangent à des étrangers? Lorsque, chef du personnel, vous croisez quelqu’un à la machine à café, vous ignorez si c’est un créatif externe – donc o.k. – ou si c’est l’un de vos collaborateurs qui n’a absolument pas le droit de faire une pause à cette heure-là. Et tout le monde sait bien que les pauses et les vacances sont les pires ennemis de la productivité au sein de l’entreprise.

Sans parler de l’image décontractée qui donne l’impression qu’on se fait plaisir en travaillant. Rien de tel pour nuire à la discipline. Et pour des raisons d’image, on n’a même plus le droit d’installer une pointeuse à un endroit central pour bien faire comprendre aux gens qu’ils ne sont quand même pas là pour leur bon plaisir.

Comment a-t-on pu en arriver là? Voici mon diagnostic: le Co-working et la Co-création n’ont pu avoir droit de cité que parce que les bonnes mœurs et la discipline se sont délitées au sein de l’entreprise.

A commencer par la tenue. Avant, on venait travailler avec une tenue décente. Puis insidieusement, ce fut le début de la décadence. Il y eut d’abord le Casual Friday. Et aujourd’hui? Aujourd’hui, on a le Casual Monday … et le Casual Tuesday, et aussi le Casual Wednesday, le Casual Thursday et bien entendu toujours le Casual Friday. Pour finir, personne ne porte plus de cravate digne de ce nom. Regardez autour de vous aujourd’hui!

Puis, on a soudain autorisé les collaborateurs à choisir l’appareil avec lequel ils voulaient travailler. A la limite, je peux encore comprendre que les ordinateurs portables aient remplacé les ordinateurs fixes. Mais aujourd’hui, vous voyez même des gens qui n’éprouvent aucune gêne à circuler au bureau avec une tablette.

Les chefs, eux, devraient montrer l’exemple et servir de modèle. Et pourtant, voilà ce qui se passe. L’ancienne cheffe de Microsoft Suisse m’avait déjà avoué dans un moment de faiblesse qu’elle dirigeait l’ensemble de l’entreprise avec son Lumia 1420. Imaginez un peu: 6 pouces pour diriger 600 personnes. Cela fait moins d’un quart de millimètre de diagonale d’écran par collaborateur. J’espère que celle qui lui a succédé est plus raisonnable je suis curieux d’entendre ce que nous dira Mme Janik à ce sujet!

La déliquescence des mœurs s’observe dans d’autres domaines: par exemple pour le mobilier. Avant quand on entrait dans un bureau, on savait d’emblée à qui on avait à faire. Les mètres carrés du bureau, multiplié par la qualité du tapis, auquel on ajoutait le nombre de lithographies accrochées au mur, cela donnait sans équivoque le rang du collaborateur et l’on savait à qui on avait à faire. Quand vous pénétrez aujourd’hui dans un bâtiment commercial, il n’y a déjà plus aucun bureau: partout, ce ne sont que coins canapé, salons et tables de bar. Et les chefs sont assis n’importe où, si par chance ils sont là. Car la plupart du temps, ils ne sont pas là.

Il y en a encore beaucoup d’autres personnes qui ne sont pas là. Avant, on avait une bonne raison de quitter le bureau: un contact client. Aujourd’hui, les gens vont et travaillent où ils veulent. Le pire, c’est ceux qui restent tout bonnement à la maison pour travailler. Comment voulez-vous amortir les investissements dans les transports publics et les constructions de routes lorsque les gens refusent de se déplacer aux heures de pointe?

C’est ce qui m’amène à parler d’un autre thème tout aussi préoccupant pour moi: les horaires de travail. Les collaborateurs travaillent non seulement où ils veulent mais aussi quand ils veulent. Heureusement, on peut encore compter sur notre législateur qui pose des limites strictes à ces plaisanteries en adoptant des directives réglementant les pauses et les heures supplémentaires et en exigeant une consignation stricte par écrit. Mais je sais qu’il y a de nombreuses entreprises et surtout des collaborateurs qui ne respectent pas ces consignes.

Au lieu de venir travailler au bureau le lundi matin, certaines personnes pensent à leur travail après leur jogging et ont soudain une idée de génie – le dimanche soir, ce qui est tout à fait illégal et mérite d’être sanctionné vigoureusement par la loi. La règle est pourtant claire et simple: « Nine to five », comme on le dit si bien en anglais. Le summum de la provocation a même été récemment la création d’une entreprise au nom pervers de « Five to nine ». Ce n’est rien d’autre qu’une incitation à violer la loi. Dans le nom même de l’entreprise! Incroyable! Préservez-nous de ces individus!

Comme je vous l’ai déjà dit, dans de telles circonstances, rien d’étonnant que de telles absurdités telles que le Co-working et la Co-création se répandent soudain au sein des entreprises.

Il semblerait que certains pensent qu’il faut faire exactement le contraire de ce que je viens de vous raconter. J’ai bien peur que ces gens aient raison. Je vous remercie de votre attention!

Le discours prononcé fait foi.

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Ansprache vom 17. März 2016, ImpactHub Genf

Sehr geehrte Damen und Herren

Ich freue mich ausserordentlich, heute unter Ihnen zu sein und meinen Beitrag zu diesem Eröffnungsanlass zu leisten. Vor allem bin ich sehr erfreut, dass unsere Gastgeber die Grösse hatten, mich einzuladen, um damit einem der vehementesten Kritiker des Co-Working- und des Co-Creation-Konzepts eine Plattform zu geben. Ziel meiner kurzen Ansprache wird daher sein, Sie alle eindringlich vor den Gefahren des Arbeiten in solchen Etablissements zu warnen.

Schädlich ist Co-Working und Co-Creation nicht nur für die Unternehmen, welche sich daran beteiligen, sondern auch für die betroffenen Mitarbeitenden, aber auch aus gesellschaftlicher Sicht. Ich werde mich jedoch vor allem auf die Problematik aus Unternehmenssicht konzentrieren:

Für Unternehmen ist Co-Working und Co-Creation gefährlich, weil sie die Kontrolle über ihre Mitarbeitenden verlieren. Diese vermischen sich mit Kollegen aus anderen Firmen oder beginnen sogar, sich mit diesen auszutauschen. Plötzlich kommen sie auf neue Ideen, entwickeln neue Konzepte und bringen die sorgfältig aufgebaute Innovationsmaschinerie aus dem Tritt. Kreativität kann doch nicht einfach so spontan passieren, sie muss jederzeit sauber begleitet und überwacht werden.

Ein Alptraum ist ja das Ganze vor allem für die Personalverantwortlichen. Die Vermischung von eigenen und fremden Leuten ist ein Riesenproblem. Wenn Sie als Personalchef jemanden an der Kaffeemaschine stehen sehen, wissen sie nun nicht, ob das ein externer Kreativgeist ist, dann ist es o.k., oder ein eigener Mitarbeitender, der um diese Zeit gar keine Pause machen dürfte. Dabei weiss man doch: Pausen – und Ferien! – sind die grossen Produktivitätskiller in den Unternehmen.

Dazu kommt das ganze lockere Image, bei dem der Eindruck entsteht, als mache Arbeit Spass. Das schadet doch der Disziplin. Und aus Imagegründen darf man nicht einmal an einer zentralen Stelle eine Stempeluhr aufstellen, um den Leuten klar zu machen, dass sie doch nicht zum Vergnügen hier sind.

Wie konnte es nur so weit kommen? Meine Diagnose ist: Co-Working und Co-Creation konnten nur hoffähig werden, weil sich in den Unternehmen selbst die guten Sitten und die Disziplin aufgelöst haben.

Das beginnt beim Tenü. Früher ging man anständig angezogen ins Büro. Dann begann ganz schleichend der Zerfall. Zuerst kam der Casual Friday. Und heute? Heute haben sie den Casual Monday … und den Casual Tuesday, auch den Casual Wednesday, den Casual Thursday und den Casual Friday sowieso. Und am Ende trägt niemand mehr eine anständige Kravatte. Sehen Sie sich nur heute hier um!

Dann erlaubte man den Mitarbeitern plötzlich, das Gerät auszuwählen, mit dem sie arbeiten wollten. Dass man Desktops zugunsten von Laptops abgelöst hat, kann ich ganz knapp nachvollziehen. Aber heute gibt es doch tatsächlich Leute, die laufen im Beruf ganz offen mit einem Tablet herum.

Chefs sollten ja mit dem guten Beispiel voranagehen und als Vorbild wirken. Doch was passiert. Schon die frühere Chefin von Microsoft Schweiz hat mir in einer schwachen Stunde gestanden, dass sie die ganze Firma mit einem Lumia 1420 führe. Man stelle sich das vor: 6 Zoll, um 600 Mitarbeitende zu führen. Das macht weniger als einen Viertel Millimeter Bildschirmdiagonale pro Mitarbeitenden. Ich hoffe, ihre Nachfolgerin ist nicht so gedankenlos und bin daher gespannt, was uns Frau Janik zu diesem Thema sagen wird!

Die Verluderung der Sitten kann man bei weiteren Themen beobachten: Zum Beispiel bei den Büromöbeln. Wenn man früher ein Büro betrat, wusste man sofort, mit wem man es zu tun hat. Die Anzahl Quadratmeter Büro, multipliziert mit der Qualität des Bodenbelags, dazu addiert die Anzahl Gummibäume und die Anzahl Lithographien an den Wänden, das ergab ganz eindeutig den Rang des Mitarbeitenden und man wusste, mit wem man es zu tun hat. Wenn sie heute in ein Geschäftshaus gehen, hat es schon gar keine Büros mehr, es wimmelt von Kuschelkojen, Sitzgruppen und Stehtischen. Und die Chefs sitzen irgendwo, wenn sie überhaupt da sind. Denn meistens sind sie gar nicht im Haus.

Es sind auch viele andere gar nicht im Haus. Früher gab es einen Grund, um das Büro zu verlassen: Kundenkontakt. Heute jedoch sind die Leute irgendwo und arbeiten einfach, wo sie wollen. Am schlimmsten sind wohl die, welche häufig gleich zu Hause bleiben und von dort aus arbeiten. Wie wollen wir denn die Investitionen in den öffentlichen Verkehr und den Strassenbau amortisieren, wenn sich die Leute weigern, in den Stosszeiten unterwegs zu sein?

Damit komme ich zu einem weiteren Thema, das mir ebenfalls grosse Sorgen bereitet: Die Arbeitszeiten. Die Mitarbeitenden arbeiten nicht nur, wo sie wollen, sondern auch, wann sie wollen. Zum Glück ist noch etwas auf unseren Gesetzgeber Verlass, der solchen Spässen enge Grenzen setzt, genaue Vorschriften über Pausen und Überzeit erlassen hat und eine lückenlose schriftliche Aufzeichnung verlangt. Allerdings weiss ich, dass es viele Firmen und vor allem Mitarbeitende gibt, die sich an diese Vorgaben nicht halten.

Statt dass sie am Montagmorgen im Büro arbeiten, denken gewisse Leute am Sonntagabend nach dem Joggen über das Geschäft nach und haben plötzlich einen Geistesblitz. Das ist illegal und soll mit der ganzen Schärfe des Gesetzes geahndet werden. Die Regel ist doch einfach und klar: „Nine to five“, wie man auf Englisch sagt. Der Gipfel der Provokation ist ja wohl, dass kürzlich eine Firma gegründet wurde mit dem perversen Firmennamen „Five to nine“. Das ist nichts anderes als eine Aufforderungen zum Gesetzesbruch. Schon im Firmennamen! Unglaublich! Hüten Sie sich vor diesen Leuten!

Wie gesagt: Bei solchen Zuständen in den Firmen ist es natürlich kein Wunder, wenn solche Absurditäten wie Co-Working und Co-Creation plötzlich um sich greifen.

Es soll allerdings Leute geben, die glauben, man müsse das Gegenteil von dem tun, was ich Ihnen jetzt gerade erzählt habe. Ich fürchte fast, diese Leute haben Recht. Danke für Ihre Aufmerksamkeit!.

Es gilt das gesprochene Wort.

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